Facturation électronique 2026 : quels bailleurs sont concernés ?

Facturation électronique obligatoire dès le 1er septembre 2026 : SCI, LMNP, bailleur particulier — qui est concerné, quelles obligations et quelles démarches.

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La facturation électronique devient obligatoire en France à partir du 1er septembre 2026. Issue de l’ordonnance n° 2021-1190 du 15 septembre 2021 et recalée par la loi de finances pour 2024, cette réforme ne concerne pas que les commerçants et les artisans : elle s’applique à tous les assujettis à la TVA, ce qui inclut de nombreux bailleurs — SCI familiales, loueurs en meublé (LMNP), bailleurs de locaux commerciaux. Beaucoup de propriétaires découvrent tardivement qu’ils sont dans le champ de la réforme, alors que la première échéance tombe dans quelques jours. Faisons le point, situation par situation.

Illustration d'une facture électronique transitant par une plateforme agréée entre un fournisseur et un bailleur

Dans ce guide, vous allez déterminer précisément si vous êtes concerné selon votre mode de détention (nom propre, SCI, LMNP), comprendre la différence essentielle entre obligation de réception et obligation d’émission, et savoir quelles démarches accomplir avant l’échéance. Et pendant que la réforme s’occupe de vos factures, un outil comme TrackMyRent continue de s’occuper de l’essentiel : le suivi de vos loyers et l’envoi de vos quittances.

La réforme en bref : qui doit faire quoi, et quand

La réforme de la facturation électronique repose sur deux obligations distinctes, avec un calendrier progressif :

ÉchéanceObligationQui est concerné
1er septembre 2026Recevoir les factures électroniquesTous les assujettis à la TVA établis en France, quelle que soit leur taille
1er septembre 2026Émettre des factures électroniques + e-reportingGrandes entreprises et entreprises de taille intermédiaire (ETI)
1er septembre 2027Émettre des factures électroniques + e-reportingPME, TPE et micro-entreprises

Concrètement, les factures entre professionnels (B2B) ne circuleront plus par email ou par courrier : elles transiteront par des plateformes agréées (PA, anciennement appelées « plateformes de dématérialisation partenaires » ou PDP), dans un format structuré (Factur-X, UBL ou CII). L’État n’offre pas de plateforme gratuite d’émission : le portail public de facturation se limite à un annuaire central des destinataires et à la concentration des données pour l’administration fiscale.

Le e-reporting complète le dispositif : les entreprises redevables de la TVA devront transmettre à la DGFiP les données de leurs transactions avec des particuliers (B2C) et avec l’étranger.

Deux notions fiscales font toute la différence pour un bailleur :

  • Assujetti à la TVA : toute personne qui exerce une activité économique de manière indépendante, même si cette activité est exonérée de TVA. La location immobilière est une activité économique au sens de la TVA.
  • Redevable de la TVA : celui qui collecte effectivement la TVA sur ses recettes.

La quasi-totalité des loyers d’habitation sont exonérés de TVA (article 261 D du Code général des impôts). Mais l’exonération ne fait pas sortir du statut d’assujetti : elle dispense d’émettre, pas forcément de recevoir. C’est là que beaucoup de bailleurs se font surprendre.

Êtes-vous concerné ? Le point selon votre situation

Bailleur particulier en nom propre, location nue : non concerné

Si vous louez un ou plusieurs logements nus, en votre nom propre, et que vous déclarez des revenus fonciers (déclaration 2044 ou micro-foncier), vous relevez de la gestion de votre patrimoine privé. Vous n’avez pas de numéro SIREN, pas de numéro de TVA intracommunautaire : vous êtes en dehors du dispositif.

Rien ne change pour vous au 1er septembre 2026. Vous continuez de percevoir vos loyers et de délivrer des quittances de loyer exactement comme aujourd’hui. C’est la situation de la grande majorité des bailleurs particuliers.

Loueur en meublé (LMNP ou LMP) : obligation de réception

La situation change dès que vous louez en meublé. L’activité de location meublée est une activité commerciale au sens fiscal : vous êtes immatriculé, vous avez un numéro SIREN, et vous êtes assujetti à la TVA — même si vos loyers meublés classiques sont exonérés (article 261 D, 4° du CGI).

Conséquences :

  • Dès le 1er septembre 2026, vous devez être en mesure de recevoir des factures électroniques : vos fournisseurs professionnels (plombier, syndic, comptable, fournisseur de mobilier…) adresseront leurs factures via une plateforme agréée, en vous identifiant par votre SIREN dans l’annuaire central.
  • Pas d’obligation d’émission ni de e-reporting tant que vos loyers restent exonérés de TVA : vous n’avez pas à transformer vos quittances en factures électroniques.

En pratique, la démarche se résume à choisir une plateforme agréée pour la réception (voir plus bas) — certaines proposent la réception seule à coût réduit, voire gratuitement.

SCI familiale en location nue : obligation de réception aussi

C’est le cas qui surprend le plus. Une SCI, même à l’IR, même purement familiale, même en location nue d’habitation exonérée de TVA, est une personne morale immatriculée qui exerce une activité économique : elle a la qualité d’assujetti.

  • Dès le 1er septembre 2026, la SCI doit pouvoir recevoir les factures électroniques de ses fournisseurs via une plateforme agréée.
  • Aucune obligation d’émission ni de e-reporting pour les loyers d’habitation exonérés.

Si votre SCI fait réaliser des travaux, paie un syndic ou un expert-comptable, ces prestataires factureront électroniquement : sans plateforme de réception, vous ne recevrez tout simplement plus leurs factures dans les règles.

Bailleur de locaux professionnels avec option TVA : réforme complète

Si vous louez des locaux commerciaux ou professionnels avec option pour la TVA (ou si votre activité y est soumise de plein droit), vous êtes assujetti et redevable. Vous cumulez alors toutes les obligations :

  • Réception dès le 1er septembre 2026 ;
  • Émission de vos factures de loyer au format électronique via une plateforme agréée — dès septembre 2026 si votre structure est une ETI ou une grande entreprise, à partir du 1er septembre 2027 pour la quasi-totalité des bailleurs (TPE/PME) ;
  • E-reporting des transactions hors B2B domestique, selon le même calendrier.

Vos appels de loyers adressés à des locataires professionnels devront donc transiter par la plateforme, au format structuré, avec les nouvelles mentions obligatoires (SIREN du client, nature de l’opération, adresse de livraison si différente, option pour le paiement de la TVA sur les débits).

Para-hôtellerie et meublé de tourisme avec services : réforme complète

Si votre activité de location saisonnière inclut des prestations para-hôtelières (petit-déjeuner, ménage régulier, linge, accueil), vous êtes redevable de la TVA : réception dès 2026, émission et e-reporting selon votre taille (2027 pour les TPE/PME). Vos locations à des particuliers relèveront du e-reporting.

Tableau récapitulatif

SituationRéception (sept. 2026)ÉmissionE-reporting
Particulier, location nue en nom propreNonNonNon
LMNP/LMP, meublé classique exonéréOuiNonNon
SCI (IR ou IS), location nue exonéréeOuiNonNon
Bailleur locaux pro avec option TVA (TPE/PME)OuiSept. 2027Sept. 2027
Para-hôtellerie / meublé avec servicesOuiSept. 2027 (TPE/PME)Sept. 2027 (TPE/PME)

Obligation de réception : les démarches avant le 1er septembre 2026

Si vous êtes dans le champ (LMNP, SCI, option TVA), voici la marche à suivre.

Choisir une plateforme agréée. La DGFiP publie la liste officielle des plateformes agréées (plusieurs dizaines à ce jour). Les critères de choix pour un bailleur non redevable sont simples : coût de la réception seule (certaines plateformes proposent des offres gratuites ou à quelques euros par mois pour la réception), simplicité de l’interface, et export des factures reçues. Si vous avez un expert-comptable, demandez-lui d’abord quelle plateforme il utilise : la plupart des cabinets ont retenu une solution et peuvent y rattacher leurs clients.

Être référencé dans l’annuaire central. C’est votre plateforme qui inscrit votre SIREN dans l’annuaire national des destinataires. C’est grâce à cet annuaire que vos fournisseurs sauront où adresser leurs factures. Sans inscription, un fournisseur ne pourra pas vous facturer électroniquement — et restera bloqué, puisque lui aura l’obligation d’émettre par ce canal.

Organiser la récupération des factures. Les factures ne vous parviendront plus par email : prenez l’habitude de les récupérer sur la plateforme (ou activez les notifications). Pour un bailleur au régime réel, ces factures sont les justificatifs de vos charges déductibles — leur bonne conservation reste indispensable en cas de contrôle.

Prévenir votre comptable si vous en avez un. Pour les LMNP au réel notamment, le cabinet comptable récupérera directement les factures via la plateforme, ce qui simplifie la tenue de votre comptabilité.

Quittance de loyer ou facture : ce qui change pour vos locataires

Bonne nouvelle : pour la location d’habitation à des particuliers, rien ne change dans la relation avec votre locataire.

Une quittance de loyer n’est pas une facture au sens de la TVA : c’est un document qui atteste du paiement du loyer et des charges. La réforme de la facturation électronique ne s’applique qu’aux factures entre assujettis (B2B). Votre locataire particulier n’est pas un assujetti : vous continuez de lui délivrer ses quittances comme avant, y compris par email au format PDF.

Seuls les bailleurs qui facturent des loyers soumis à TVA à des locataires professionnels (locaux commerciaux avec option TVA, para-hôtellerie B2B) devront faire passer ces factures par une plateforme agréée, à leur échéance d’émission.

Sanctions : ce que vous risquez en cas de non-conformité

Le dispositif de sanctions a été durci par la loi de finances pour 2026 :

  • 50 € par facture non émise au format électronique alors qu’elle aurait dû l’être, plafonné à 15 000 € par an ;
  • 500 € par transmission de e-reporting manquante, plafonné à 15 000 € par an.

Un droit à l’erreur est prévu (article 1788 D du CGI) : pas d’amende pour la première infraction commise sur l’année en cours et les trois années précédentes, si elle est régularisée spontanément ou dans les 30 jours d’une demande de l’administration.

Pour un bailleur uniquement tenu à la réception (SCI en location nue, LMNP exonéré), le risque n’est pas tant l’amende que le blocage opérationnel : des fournisseurs qui ne peuvent pas vous adresser leurs factures dans les règles, des justificatifs de charges introuvables au moment de la déclaration, des relations commerciales compliquées.

Checklist du bailleur avant le 1er septembre 2026

  1. Identifiez votre statut : nom propre en location nue (non concerné), LMNP/SCI (réception), option TVA ou para-hôtellerie (réforme complète).
  2. Vérifiez votre immatriculation : si vous êtes LMNP, votre SIREN doit être actif et vos informations à jour ; de nombreux loueurs en meublé ont une immatriculation incomplète.
  3. Choisissez une plateforme agréée dans la liste officielle de la DGFiP, en privilégiant une offre de réception seule si vous n’êtes pas redevable.
  4. Faites-vous référencer dans l’annuaire via votre plateforme.
  5. Informez vos fournisseurs récurrents (syndic, artisans, comptable) que vous êtes prêt à recevoir leurs factures électroniques.
  6. Si vous êtes redevable de la TVA, préparez dès maintenant l’échéance d’émission de septembre 2027 : mise à jour de vos modèles de facture avec les nouvelles mentions obligatoires, choix du format, test avec vos locataires professionnels.

En cas de doute sur votre statut d’assujetti, le site officiel de l’administration détaille le dispositif, et votre expert-comptable ou votre ADIL pourront confirmer votre situation particulière.

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Un suivi des loyers toujours à jour. Que vous louiez en nom propre, en SCI ou en LMNP, TrackMyRent vous permet de suivre chaque mois les loyers payés, partiels ou en attente, bien par bien et locataire par locataire.

Des quittances conformes, envoyées en un clic. La réforme ne change rien aux quittances : TrackMyRent les génère automatiquement en PDF à partir de modèles personnalisables et les envoie par email à vos locataires.

Un historique prêt pour votre comptable. Vos rapports annuels de loyers encaissés complètent parfaitement les factures fournisseurs reçues sur votre plateforme agréée : au moment de la déclaration, tout est déjà consolidé.

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